A voir l'immense sourire qui barre le visage de la jolie Maria, on se dit que l'attente a dû être bien longue pour la poupée russe du circuit. Huit mois que la n°5 mondiale, assurée de grimper d'un rang supplémentaire lundi dans le prochain classement WTA, n'avait plus eu l'occasion de lever les bras au ciel. Huit mois depuis son succès à Birmingham, en juin 2005, et depuis, un enchaînement de revers, de déceptions et de blessures qui avaient entravé sa fulgurante ascension. Sharapova, à qui tout souriait, mangeait son pain noir à l'image de cette défaite face à Venus Williams en demi-finale de Wimbledon, dont elle était tenante du titre.
Huit mois pour retrouver la confiance et entamer une nouvelle saison, celle de la reconquête avant que la Russe ne fasse son retour samedi en pleine lumière à l'occasion de cette septième finale 100% russe de l'histoire face à sa compatriote Elena Dementieva. Une finale abordée en pleine confiance, Sharapova n'ayant concédé aucun set au cours de cette semaine américaine. Pas le moindre doute et de quoi être suffisamment sûre de son jeu pour maîtriser les conditions de jeu atroces de cette finale où dans le froid et les rafales de vent, les deux Russes avaient bien du mérite à s'affronter.
Sharapova: "J'ai beaucoup travaillé..."
Mais entre une Maria Sharapova totalement retrouvée, encore sur le rythme de sa démonstration de la veille face à Martina Hingis en demi-finale, et une Elena Dementieva, diminuée elle par le terrible combat de près de trois heures, livré à Justine Hénin-Hardenne pour se hisser en finale, la différence était trop criante. "Le vent était pour toutes les deux mais c'est vrai que c'était difficile. Les trajectoires étaient parfois aléatoires. Il faut juste se concentrer encore un peu plus", commentait Sharapova après sa victoire. Du haut de ses 18 ans, la cadette des deux Russes entamait la rencontre pied au plancher et si Dementieva, pourtant débarrassée de ses traditionnels soucis de service, donnait le change, à l'image de ces quatre premiers jeux bouclés en trente minutes, c'est bien la n°5 mondiale qui dictait sa loi et empochait la première manche (6-1).
Le break de Dementieva en début de second set, pour mener (2-0), n'était qu'un leurre. Dans le vent, la tête de série n°4 accumulait les fautes directes (37 contre 25 pour son adversaire) et sombrait pour s'incliner irrémédiablement (6-1, 6-2). "Je sais que j'ai le jeu pour la battre, mais pas cette fois. Je n'étais pas au mieux, je me sentais fatiguée. Et contre Maria Sharapova, il faut être au top. Ce n'était pas mon jour". La lauréate de cette édition 2006, elle, goûtait particulièrement ce retour au premier plan: "Cela fait vraiment du bien. J'ai beaucoup travaillé ces derniers mois pour surmonter mes blessures et croire de nouveau en moi".